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Comment stocker et sauvegarder vos photos de manière efficace ?

Que nous soyons des particuliers, des entreprises, ou des photographes, nous sommes tous concernés par la sécurité de nos données informatiques. Nos photos, le plus souvent dématérialisées, sont stockées sur divers médias, allant de la clef USB au technologies Cloud. Ces photographies ont une valeur sentimentale pour certains, une valeur marchande pour d’autres. Pour nous, photographes, elles sont le fruit de notre travail, et représentent notre gagne-pain. Alors, pourquoi est-ce si important de sauvegarder vos photos ? Tout simplement parce que nos données informatiques sont sensibles, volatiles.

Il y a quelques jours encore, une cliente me disait au téléphone qu’elle s’était fait voler son sac, contenant son ordinateur portable et son disque dur.
– Tu as une copie ?
– Non, ma sauvegarde était sur mon disque dur, dans mon sac. Toutes les photos de mon mariage…

Qui que nous soyons, nous sommes conscients du problème. Et là, il y a deux écoles : les paranos et les insouciants. On se rendra assez vite compte que les paranos sont souvent des ex-insouciants, qui ont vécu un cauchemar avec leurs données.

Y a-t-il des solutions pour sauvegarder vos photos, vos données ? Oui, il y en a une multitude. Des simples, des compliquées, des coûteuses, des farfelues… Il y a surtout des sauvegardes inutiles (comme le disque dur dans le sac avec l’ordinateur), et d’autres plus efficaces, nous allons en parler.

Dans cet article, je vais vous partager mon expérience de photographe qui a testé de nombreuses solutions. J’ai également la chance d’avoir des compétences informatiques poussées, grâce à mon passé d’ex-ingénieur informatique. Ce guide s’adresse avant tout à des photographes professionnels. Cependant, que vous soyez un particulier ou un(e) chargé(e) de communication dans un grand groupe, vous y trouverez des astuces utiles, pour stocker, sécuriser, et sauvegarder vos photos.

Sommaire

Pourquoi sauvegarder vos photos ?

Au cours de notre vie, il arrive qu’un déclic se produise, nous faisant prendre conscience de la sensibilité de nos données informatiques. Avant cela, nous sommes plutôt dans un état d’esprit insouciant : “cela n’arrive qu’aux autres”, comme la maladie génétique, ou l’accident d’avion.

Le mien, c’était en 2007. Diplôme d’ingénieur en poche, je travaillais à Lannion pour France Télécom R&D. Un collègue de boulot avec qui je m’entendais bien me dit un jour : “Hier, il m’est arrivé un truc terrible. J’ai fait tomber mon disque dur, il ne fonctionne plus. J’ai tout essayé, impossible de récupérer les données“.

Pour les films et les musiques que ce disque contenait, rien de bien grave. Lorsqu’on a 25 ans, ceux-ci proviennent souvent de téléchargements illégaux. A l’inverse, là où j’ai eu très mal pour lui, c’est pour toutes les photos qu’il y conservait précieusement depuis plus d’une dizaine d’années.

Oui, il y a des risques. Nous en connaissons certains, mais il est important de se rappeler qu’il y en a beaucoup, beaucoup trop… Faisons un petit rappel sur les aléas de ces petits bijou de technologie, si robustes et si fragiles à la fois.

Macintosh SE, dévoilé le 02 mars 1987 - Disque dur D2 60 Mo

Défaillance technique

Un ordinateur, un disque dur, une clef USB, sont du matériel informatique de qualité plus ou moins satisfaisante. Tous sont propices à de nombreuses défaillances techniques.

Composants électroniques, ils peuvent être victimes d’une surtension, lors d’un orage, ou d’un pic électrique. La seule protection contre ce genre de soucis : l’onduleur. Même si on en trouve dans certaines entreprises, ils sont souvent rares, et complètement absents chez la majorité des particuliers.

Nos systèmes de stockage sont également susceptibles de déclarer un problème dû à un défaut de fabrication. Parfois au moment même où vous le mettez en marche pour la première fois, mais cela peut arriver un mois, un an plus tard.

Et puis, il y a l’obsolescence programmée. Ici encore, je ne pointe personne du doigt, mais certaines marques sont connues pour avoir des disques durs qui ne fonctionnent qu’un certain nombre d’heures.

Contre ces défaillances, on ne peut pas grand chose.

L'erreur est humaine

Ah l’humain ! Nous sommes souvent un peu distraits, trop rapide dans nos actions : “Zut, j’ai effacé cette photo“.

Les disques durs mécaniques sont des outils fragiles. Ils sont encore très présents, même s’ils tendent à disparaître peu à peu au profit des disques SSD. Ceux-ci, plus robustes, car ne contenant pas de pièces mécaniques, n’aiment tout de même pas être plongés dans l’eau (oui, j’ai entendu beaucoup de choses). Un disque dur qui tombe de plus d’un mètre, finira souvent sa course à la décharge…

Et puis, nos outils sont tellement petits aujourd’hui, qu’il est facile de les perdre. Une clef USB, une carte mémoire, un disque 2″5 : on l’égare, on l’oublie… Un beau jour on se réveille en cherchant ses photos, impossible de mettre la main dessus !

Catastrophe naturelle

Un risque que l’on mesure souvent beaucoup moins, c’est la catastrophe naturelle : un incendie, une inondation… Avec le dérèglement climatique actuel, cela arrive malheureusement de plus en plus.

Le premier coup de fouet, lorsque nous en sommes victime, c’est de perdre tous ses biens matériels. Après réflexion, on se dit qu’on ne pouvait rien y faire. En revanche, on aurait pu faire quelque chose pour éviter de perdre les précieuses données informatiques. Surtout si l’on est un professionnel de l’image, et que ce sont les photos de nos clients.

Malveillance

Le dernier point concerne un risque que l’on jauge éloigné, surtout lorsque l’on est muni d’un bon antivirus. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela se produit fréquemment. Un clic sur un email frauduleux, une visite sur un site peu recommandable, et l’on perd le contrôle de l’ordinateur…

Vous l’aurez compris, nos données informatiques, nos photos, sont exposées à des risques bien réels. Pour les particuliers, les dommages se limitent à une perte dramatique de souvenirs qui leurs sont chers. Les entreprises perdront des heures de travail et de l’argent.

Par contre, en tant que professionnels de l’image, notre déontologie nous interdit ce genre d’erreur. D’autant plus qu’il est possible de se protéger efficacement. Cette parade s’appelle la sauvegarde, et peut prendre de nombreuses formes. Où, quand, comment sauvegarder vos photos ? C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.

Où sauvegarder vos photos ?

Faire des sauvegardes, c’est bien. Mais quelle solution est la meilleure ? Honnêtement, il n’y en a pas. Tout dépend de vos besoins, du volume que vous voulez sauvegarder, du budget que vous voulez y allouer, du niveau de sécurité que vous recherchez… Avant de parler sauvegarde, il est important de faire un tour d’horizon des différents supports de stockage existants.

PowerMac G4, dévoilé le 31 août 1999 - Disques dur Lacie 750 Go, 1 To

Supports de stockage

Clef USB et cartes mémoires

Bien que l’espace de stockage soit limité, ces petits outils peuvent être très pratiques dans certains cas. Il est rare que je n’ai pas une carte SD sur moi, et voici comment je pourrai les utiliser…

Imaginez que vous ayez un client pour qui vous conservez des images de très haute importance, et hautement confidentielles. Vous ne voulez pas prendre le risque de les mettre sur un serveur. Une clef USB dans un coffre à la banque est un moyen très simple et très sécurisé dans ce genre de cas, bien qu’onéreux.

Un autre cas de figure peut s’appliquer lors d’un reportage dans un pays ou une région, avec une connexion internet à faible débit. Bloqué plusieurs jours ou plusieurs semaines sur un documentaire, je m’envoie alors par la poste des cartes mémoires avec une sauvegarde de mon travail. Exit les problèmes de vols, d’inondation, etc…

Disque dur "volants"

Beaucoup de confrères stockent encore leurs images sur des disques dur externes. C’est une solution que j’ai utilisée au début de ma carrière photographique, mais que j’ai rapidement abandonné.

Au delà du fait que les disques durs s’empilent dans des placards, il n’est pas très aisé, lorsqu’on a beaucoup de données, de retrouver rapidement ce que l’on cherche. Dans quel disque dur se trouve mes fichiers ? Suis-je sûr de n’avoir qu’une seule version de ces photos ? Laquelle est la bonne ? Sauvegarder vos photos sur des disques durs “volants” implique une certaine rigueur, à laquelle nous nous devons d’être infaillible. Et c’est souvent à ce moment-là que les problèmes surviennent.

D’autres difficultés m’ont fait changer de solutions : le risque de le faire tomber et de le casser en est une. De plus, cette méthode devient rapidement coûteuse. A lui seul, un disque dur ne coûte pas si cher, mais notre volume de donnée augmente vite. Les capacités des disques également. Au summum du vice, les capteurs de nos APN deviennent plus performants, et génèrent des fichiers de plus en plus volumineux.

Il faut donc en racheter régulièrement. Et, au fur et à mesure des années, je me suis rendu compte que c’était une fausse économie.

Serveur NAS

C’est la solution que j’utilise aujourd’hui, depuis maintenant 7 ans. J’ai beaucoup expérimenté, et à la fin de cet article, je vous dévoilerai mon architecture actuelle, de manière détaillée.

Pour les professionnels de l’image, le serveur NAS (ou tout simplement NAS) est ce que je considère de plus simple, pratique, et de moins onéreux.

Alors, qu’est ce qu’un NAS ? C’est un boîtier contenant plusieurs baies renfermant chacune un disque dur (ou SSD). De 2 à 72 baies, ils permettent des solutions de stockage absolument gigantesques, jusqu’à plusieurs centaines de Téraoctets. Branché sur votre réseau local, en filaire ou en Wi-Fi, ce système est ultra configurable.

En outre, il fonctionne comme un serveur, et propose de nombreuses fonctionnalités supplémentaires. Bref, c’est un vrai outil qui demande une familiarisation, mais qui fonctionne à merveille.

Il existe deux géants sur le marché, QNAP et Synology. Vous vous en doutez, c’est le même dilemne pour un photographe que Canon ou Nikon (il faut maintenant ajouter Sony, Fujifilm, etc…) C’est une question de goût, d’interface, et d’habitudes. Les deux sont d’excellents outils.

Avantages des NAS

Ces systèmes ont un prix. L’investissement dans un serveur et des disques durs peut aller d’environ 500€ pour un 2 baies, à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cependant, je pense que c’est aujourd’hui l’investissement le plus rentable que j’ai jamais fait au niveau de mes données. Robuste, ne consommant que très peu d’énergie, il revient moins cher à la longue qu’un abonnement Cloud, ou des disques durs externes.

Les gros avantages que l’on peut lui trouver sont :

  • Le dimensionnement d’une grande flexibilité (plusieurs baies, plusieurs tailles des disques).
  • La disponibilité instantanée des images (pas besoin de brancher des disques dur, de chercher ses photos).
  • Les disques durs “spécial NAS” sont de grande capacité, ce qu’il est beaucoup plus difficile à trouver sur des disques durs “volants”
  • Un système natif de redondance, appelé RAID, que nous verrons plus bas, protège localement vos données (dans une certaine mesure).
  • Une gestion des droits, si l’on travaille.
  • La possibilité de créer plusieurs volumes, pour séparer les données.
  • Un grand panel d’outils supplémentaires, à la demande sur le serveur.
  • Pour finir, et non des moindres, une vitesse de transfert formidable si le serveur est bien configuré.

Sauvegarder vos photos sur le Cloud

Une autre possibilité est de sauvegarder vos photos dans le Cloud. De nombreux fournisseurs proposent ces services. Parmi les plus connus, nous retrouvons DropBox, Google, Amazon, etc…

Le Cloud a des avantages, non négligeables, qui plairont à certains :

  • Pas ou peu de configuration, contrairement à un NAS.
  • Possibilité de dimensionner certaines offres à la demande. Il suffit d’un clic (et d’une carte bleue) pour augmenter l’espace de stockage.
  • Pas d’installation physique dans vos locaux.

Bien sûr, cette solution a aussi ses inconvénients, qui font pencher la balance :

  • Vos données sensibles sont hébergées sur des serveurs que vous ne contrôlez pas.
  • Le prix des abonnements peut vous dissuader de sauvegarder vos photos au format RAWs
  • Vous êtes dépendants de la vitesse de votre connexion internet (oubliez si vous n’avez pas la fibre).
  • Aucun levier sur les potentiels dysfonctionnements de l’hébergeur : perte de connexion, mise à jour, etc…
  • Certains fournisseurs stoppent tout simplement leur activité (exemple : Hubic)
  • Certaines solutions demandent des outils particuliers pour transférer des fichiers, et donc, moins de simplicité.

Je n’ai pas choisi cette option, principalement parce que je préfère avoir mes images sous la main. D’autre part, j’ai beaucoup plus de flexibilité avec un serveur NAS qu’une solution Cloud.

Redondance

Attention : stocker vos images sur un serveur NAS ou dans le cloud, ne constitue pas une sauvegarde, sans redondance.

Sauvegarder vos photos, c’est posséder plusieurs copies des mêmes fichiers, sur différents supports.

Disques durs externes

Une solution que nous avons tous essayé, et que certains utilisent encore, ce sont les disques durs externes. Sauvegarder vos photos sur ce genre de support est tout sauf plaisant à effectuer. Le plus souvent, cela implique de vous arracher les cheveux, face à un ordinateur qui rame pendant des heures.

J’en ai parlé plus haut, je trouve que l’utilisation des disques durs “volants” est complexe et coûteuse. De plus, cette méthode n’est absolument pas pratique au niveau de la sécurité. J’aime doubler mes sauvegardes, afin d’éviter les problèmes. S’ensuit donc un va et vient de branchement de disques durs, et des heures devant l’ordinateur à copier des fichiers… Je préfère utiliser mon précieux temps à faire des photos, ou partir en vacances.

Le RAID

Au niveau de la redondance, le RAID est une technologie très intéressante, que l’on retrouve autant sur les serveurs NAS, que dans le Cloud. Pour ce dernier, l’avantage, c’est qu’il n’y a pas besoin de le configurer, alors que sur un NAS, cela demande quelques manipulations.

Qu’est-ce que le RAID ? C’est une technique permettant de répartir des données dans plusieurs disques durs, afin d’améliorer les performances, ou la sécurité des données. En bref, cela permet de copier un fichier sur plusieurs disques durs en même temps, de manière invisible pour l’utilisateur. Ce système très robuste est absolument génial en cas de panne.

Il existe plusieurs types de RAID. Le plus connu, RAID 1, permet d’écrire chaque information sur deux disques durs en parallèle. Imaginez une défaillance d’un des disque durs de votre NAS 4 baies. Si le RAID1 est configuré, il vous suffit remplacer à chaud le disque dur endommagé par un disque neuf. Le RAID permet de reconstruire les données manquantes, et le système peut repartir sans pertes de données.

Je ne ferai pas un cours sur le RAID, étant donné qu’il y a de nombreuses informations sur Wikipedia. Sachez juste que c’est une configuration que je considère comme indispensable sur un NAS.

Attention : Il est trop tentant de penser que le RAID est suffisant pour se protéger. C’est en effet une sécurité importante, mais elle ne vous protégera pas contre la malveillance, ni les catastrophes naturelles. Seule la redondance géographique en plus du RAID, est efficace.

Combos et redondance géographique

Une vraie protection, consiste à redonder vos données géographiquement. En cas de cambriolage, par exemple, vous avez la certitude de récupérer les données de vos clients.

HDD + HDD : Deux disques durs, l’un chez vous, l’autre chez un proche, ou à votre domicile. C’est ce que je faisais au début. Vous vous rendrez vite compte que c’est ultra galère, et que vous ne savez jamais lequel est à jour… De plus, vos données augmentant années après années, je ne vous raconte pas la complexité lorsque vous atteindrez plusieurs dizaines de Téraoctets de données.

NAS + HDD : Après l’achat de mon premier NAS, j’ai essayé d’avoir un peu plus de rigueur, avec une copie de mon NAS sur un disque externe, que je laissais à mon bureau (mon NAS était à mon domicile). Encore une fois, les sauvegardes n’étaient jamais à jour, et le système me protégeait très peu.

NAS + Cloud : C’est une solution que j’ai testée également. Onéreuse, elle était surtout gourmande en temps à l’époque où je l’ai testée. Les outils étaient tous différents, et cela demandait du temps pour faire des sauvegardes entre le NAS et le Cloud. Cependant, les systèmes évoluent vite, et des solutions de plus en plus pratiques font leur apparition. Mais pour les raisons que j’ai données plus haut, je ne suis toujours pas partisan du Cloud.

NAS + NAS : C’est la solution que j’ai adoptée. Elle est simple, efficace, peu gourmande en temps. Elle requiert par contre plusieurs conditions, que je développerai plus bas, lorsque je vous expliquerai mon architecture.

Que faut-il en retenir ?

Vous en savez plus sur les solutions de stockage et de sauvegarde. Pour conclure, je pense que les deux solutions les plus adaptées à des photographes nomades (et nous le devenons de plus en plus) sont les NAS et le Cloud.

Les exigences de mobilité impliquent de pouvoir avoir accès à vos images partout dans le monde, rapidement. Il peut donc être judicieux de sauvegarder vos photos sur un support accessible depuis internet.

Et si vous travaillez sur un projet dans le train, le plus simple est toujours d’avoir un disque dur externe avec vous. Bien sûr, n’oubliez pas de vérifier que son contenu existe bien en double, sur un autre support.

Comment sauvegarder vos Photos ?

Solution macOS et Windows

Pour les particuliers, le plus simple reste encore de travailler avec les solutions natives de vos systèmes d’exploitation. Apple utilise Time Machine, et Microsoft utilise Windows Backup (que je ne connais pas). Bien que fiables, elles sont peu paramétrables, et ne permettent pas de travailler sur des configurations complexes.

Logiciels de sauvegarde

Il existe de nombreux logiciels, tous avec des fonctionnalité plutôt équivalentes.. J’utilise principalement CCC pour macOS, qui a fait ses preuves depuis 2002.

Deux types de copies (parmi d’autres), sont les plus connus : les sauvegardes incrémentielles et différentielles. Je vous invite à lire cet excellent article pour en savoir plus. Pour ma part, j’utilise la sauvegarde incrémentielle, qui répond parfaitement à mes attentes.

Attention : Pensez, lorsque vous configurez un logiciel de sauvegarde, à prévoir de la mémoire supplémentaire sur votre espace de stockage. En effet, il est prudent de ne pas effacer sur votre sauvegarde, les fichiers supprimés de votre espace de travail. Une erreur de suppression pourrait alors se propager sur votre sauvegarde. Il existe dans CCC une possibilité de “tampon”, où les fichiers supprimés sont stockés durant une période déterminée.

Structure de sauvegardes

Il faut bien garder en tête qu’une sauvegarde est la réplication de votre espace de stockage. La structure des données de l’un dépend de celle de l’autre. Toujours est-il, que si vous souhaitez vivre sereinement avec vos photos, il est judicieux de les structurer d’une manière simple et efficace. Voici quelques conseils que je peux vous donner :

  • Utilisez des conventions de nommage.
  • Apportez une structure logique à vos dossiers.
  • Comme chez vous, faites le ménage de temps en temps sur votre espace de stockage.
  • Pensez long-terme, et évolutif. On se retrouve toujours bloqué si l’on créé une structure trop figée.

Que faut-il sauvegarder ?

Je vois souvent sur les réseaux sociaux des confrères qui demandent ce que les autres sauvegardent : “Est ce que vous gardez vos fichiers RAW, ou juste des JPG ?“. Par principe, j’ai l’habitude de dire que je suis assez modéré sur ce point. En effet, certains photographes gardent TOUTES leurs images, y compris les photos complètement ratées, les doublons, etc…

MacBook Air 2017

Fichiers RAWs

A chacun son école. Il faut savoir que je shoote beaucoup d’images. Garder plusieurs milliers de fichiers RAWs pour un seul projet est inadapté à mes besoins. Je ne garde donc que les photos que je livre à mes clients. C’est à dire, celles que je juge digne de mes exigences de qualité, et qui sont exploitables. J’ai un espace de stockage tampon, assez volumineux, qui me permet d’entreposer les RAWs non sélectionnés de mes projets. Chaque fichier a une durée de vie d’un an, puis est supprimé automatiquement. Cela me laisse la possibilité de revenir sur une sélection si je pense avoir oublié quelque chose. Par expérience, je ne reviens jamais sur mon espace tampon. C’est pourquoi j’ai décidé il y a quelques années de supprimer ces images régulièrement, qui ne servent qu’à augmenter inutilement mon espace de stockage.

Fichiers JPG

Jusqu’ici, je ne gardais pas de copie de mes fichiers JPG. Ils me servaient uniquement à transmettre les images à mes clients, et je les supprimais de mon ordinateur une fois le transfert effectué. Pendant longtemps, j’ai utilisé une solution en ligne permettant d’envoyer mes photos à mes clients, appelé Shootproof. Je suis en train de quitter cette méthode, car j’ai trouvé une solution géniale, qui sera l’objet d’un autre article prochainement.

Bibliothèques

Bien sûr, ceci n’est pas une option pour les photographes professionnels. Notre outil de travail, que ce soit Lightroom, Capture One, ou n’importe quelle autre bibliothèque, nécessite des sauvegardes fréquentes. Ne pas le faire, c’est comme faire du saut à l’élastique… sans élastique ! C’est votre travail, c’est votre temps. Je préfère aller à la pêche, que devoir me retaper 20 heures de traitement d’image, parce que j’ai manqué une sauvegarde.

Combien de temps garder ses RAWs ?

Étant donné que je ne sauvegarde que les fichiers que je livre, et que mes sélections sont drastiques, cela réduit largement la capacité de stockage. Je garde donc tous mes fichiers RAWs, qu’ils aient 3 ans ou 10 ans d’ancienneté.

Quand faut-il sauvegarder vos photos ?

Je vous conseille de sauvegarder vos photos fréquemment, en fonction de votre volume de travail. Si vous traitez 500 images tous les jours, faites une sauvegarde incrémentale tous les jours. Si vous traitez 500 images par mois, ce n’est pas nécessaire. Tout est une question de clairvoyance.

Ce que je peux par contre vous suggérer, c’est d’automatiser vos sauvegardes, et ceci, pour une bonne raison. Il est plus facile d’oublier une sauvegarde manuelle qu’une sauvegarde automatique. La machine ne se trompe pas. Cela vous permettra d’optimiser votre temps, de vous concentrer sur votre travail.

Autre chose : si vous automatisez vos sauvegardes, faites en sorte de le faire de nuit. Lorsque vous travaillez, une copie de fichier va ralentir votre ordinateur, qui sera moins performant.

Pour finir, n’oubliez pas de vérifier régulièrement vos sauvegardes. On pense souvent être protégé, un contrôle permet parfois de se rendre compte du contraire, et de rectifier le tir.

Mon architecture

L’architecture réseau ainsi que la structure de donnée que j’utilise aujourd’hui découle de longues années d’expérience, d’une rigueur monacale, et d’une constante remise en question qui me permet d’apprendre de mes erreurs. Voici un schéma qui la représente, et que je vais vous expliquer en détail.

Sauvegarder vos photos

Architecture réseau

Ingénieur réseau de formation, j’ai l’avantage d’avoir quelques connaissances en la matière. Cependant, il n’y a pas besoin d’être ingénieur pour mettre en place la plupart des fonctionnalités présentes sur mon réseau.

Comme vous pouvez le voir sur le schéma, l’architecture est fractionnée en deux parties : mon bureau et mon domicile. J’aime les choses simples, car elles évitent de faire des erreurs, les réseaux “Home” et “Office” sont donc presque identiques, à une variante près. Free est mon FAI au bureau, tandis qu’Orange m’apporte l’internet chez moi. Derrière les box, se trouvent un firewall et un routeur, qui permettent d’apporter de la sécurité, ainsi que d’autres fonctionnalités, qui ne sont pas l’objet de cet article.

Puis, en interne, on retrouve un Switch Gigabit/s de marque Netgear, de chaque côté. Ils sont qualitatifs, bon marché, et peu gourmands en énergie. Parfait pour mon utilisation. Derrière les switchs, sont branchés les terminaux (Apple uniquement), ainsi qu’un NAS de chaque côté.

En résumé, une configuration très simple, mais pas moins robuste, et efficace.

Bande passante

Cette architecture ne pourrait pas fonctionner sans une connexion fibrée depuis l’internet. Si vous souhaitez pouvoir transférer des fichiers RAWs, il faut un lien qui envoie de la data à la vitesse de la lumière.

En interne, tout est configuré en GB/s, ce qui constitue une vitesse de transfert de fichier maximale théorique de 120 Mo/s. Très satisfaisant pour une utilisation intensive. Entre les deux sites, la vitesse moyenne est d’environ 20 à 30 Mo/s, ce qui comble toutes mes attentes.

Sécurité

Avoir ses photos accessibles depuis l’internet, c’est cool, vraiment cool. Mais cela implique de sécuriser les accès, afin d’empêcher des personnes malveillantes de rentrer chez vous. De la même façon, vous avez un verrou sur votre porte.

Au niveau des connexions de chaque site, un Firewall filtre les connexions entrantes et sortantes. C’est indispensable aujourd’hui, sachant que des gamins de 12 ans sont capables de lancer des scripts pour s’introduire chez vous. D’autre part, vous n’avez pas besoin d’investir dans un firewall matériel, celui de votre box fera le job. Il suffit juste de le paramétrer avec attention. Cela prend un peu de temps pour un novice, mais c’est faisable.

La sécurité majeure de mon architecture réseau, c’est le VPN qui relie les deux sites. Vous trouverez plus d’infos sur Wikipédia sur le fonctionnement des VPNs. Très simplement, un VPN est un tunnel de donnée, qui relie plusieurs machines, à travers le réseau internet. Ce tunnel est crypté, et ne permet qu’au propriétaire du VPN de s’y connecter. Lorsque les machines sont connectées au VPN, elles peuvent se parler comme si elles étaient sur un réseau local. En conclusion, un VPN est une extension de votre réseau local, au-dessus d’internet.

A quoi ça sert ? Tout simplement à faire en sorte que différentes machines puissent échanger des données entre elles, tout en empêchant quiconque de voir ce que vous faites.

Certes, lorsqu’on ne connaît pas, cela peut paraître compliqué. Au contraire, la configuration d’un VPN est ultra simple, et la lecture de quelques tutoriels sur internet vous donnera vite les infos nécessaires.

Synchronisation de NAS à NAS

Les deux NAS de mon réseau sont différents. Tous les deux de la marque QNAP, l’un d’entre eux possède 6 baies, l’autre 2 baies uniquement. Ceci est dû au fait que j’utilise mon NAS domestique comme serveur vidéo également. Celui-ci nécessite donc plus d’espace de stockage.

Les deux NAS peuvent se parler grâce à la connexion VPN. Ils sont paramétrés pour se synchroniser une fois par semaine, le mercredi, à partir de 2h du matin. Encore une fois, une configuration est nécessaire. Après avoir passé un peu de temps sur des forums, il est assez facile de comprendre le fonctionnement, et de le mettre en place.

Le gros avantage de cette méthode, c’est que mes deux NAS se synchronisent automatiquement, sans que j’aie à intervenir. Étant sur deux site géographiques différents, cela me permet de parer à tout type de risque de pertes de données.

Sauvegarder vos photos avec cette méthode, c’est l’assurance de ne plus perdre de données. Un rappel toutefois par rapport à ce que j’ai dis plus haut : n’oubliez pas de vérifier vos sauvegardes.

Terminaux

Les ordinateurs que j’utilise sont absolument dénués de tout fichiers. Mon ordinateur portable, le MacPro du bureau, ou mon iMac domestique sont devenus de vrais terminaux.

Le NAS apparaît sur les terminaux comme plusieurs disques durs internes. Je peux travailler de la même façon que si j’avais un disque externe branché sur mon ordinateur. Lorsque je suis dans le train, le Wifi, ou la connexion 4G de mon téléphone me permettent un accès à internet. Je peux donc aisément me connecter au VPN de l’entreprise, et travailler comme si j’étais au bureau.

Évidemment, on peut penser que c’est l’installation d’une usine à gaz pour pas grand chose. Détrompez-vous. Cette manière de travailler apporte de nombreux avantages :

  • Tous les fichiers sont stockés au même endroit.
  • Vous ne vous baladez pas avec vos disques durs.
  • Partout où vous êtes, vous pouvez accéder à vos données.
  • La connexion est toujours sécurisée.

Les deux avantages majeurs sont les suivants. Étant donné que tous vos fichiers sont stockés sur le NAS, vous travaillez toujours sur le bon fichier. Lorsque vous passez d’un ordinateur à l’autre, vous n’êtes jamais en train de vous demander si vous avez la dernière version de ce fichier sur la machine locale. Vous ne faites plus de transferts avec des clefs USB. Et les fichiers sont toujours rangés au bon endroit. Cela permet des gains de temps incroyables.

Le deuxième avantage majeur, c’est qu’en cas de vol, votre ordinateur portable est complètement vide. Le voleur ne partira ni avec vos photos, ni avec vos fichiers administratifs, relevés de comptes, données financières, etc…

Conclusion

Pour conclure cet article, je tiens à préciser qu’il n’y a pas de solution parfaite. Celle que j’ai mise en place convient à mes besoins, et répond à mes exigences de sécurité, pour moi-même, et pour mes clients. Vous aurez sûrement d’autres contraintes, et ma solution n’est pas applicable telle quelle. J’espère juste que cet article vous a apporté des éléments de réponse sur des questions que vous vous posiez.

Si vous désirez plus d’informations sur un point particulier, n’hésitez pas à me contacter, je me ferai un plaisir de vous éclairer avec mon modeste savoir-faire. Dans la section précédente, je vous ai fait part de différentes configurations à mettre en place. Si jamais vous avez besoin d’aide sur ces sujets, n’hésitez pas non plus à commenter cet article, je vous aiderai dans la mesure de mes compétences.

Et si je ne sais pas, n’oubliez pas une chose : Google est votre ami.

P.S. Pensez à sauvegarder vos photos !!!

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Commentaires

4 réponses

  1. Bonjour Louis,
    Un grand merci pour cet article, c’est top ! Je suis également photographe et pense justement à installer mes sauvegardes sur un NAS 🙂
    Je vais suivre certains de tes bons conseils.
    Cordialement.

  2. Article très complet et très technique. J’ai moi même rédigé une serie de trois articles sur le minimalisme numérique : le premier concerne deux méthode minimalistes pour aider à la productivité, le second porte sur l’organisation des fichiers et le dernier sur les sauvegardes justement, tout ca également en tant que photographe. Je pense que nos articles se complètent vraiment bien, le vôtre en apportant la part peut-être plus technique à mes propositions d’ordre plus pratique et organisationnelles.
    Vous pouvez retrouvez l’article spécifique sur mon système de sauvegarde ici : https://yeux-coccinelle.fr/blog/sauvegarde-photographes-minimalisme-numerique

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